Lundi 28 juin au matin. Après une nuit dans ma voiture, je me dirige vers Questembert pour le marché. Quelques discussions sympathiques avec des marchands et des locaux. J’achète quelques menues choses et récupère des légumes invendus invendables à la fin du marché. Puis direction le petit village de Larré, où se trouve la société d’écoconstruction dont m’a parlé Daniel le boulanger, dans laquelle travaille son fils José. Le village est joli, mais aucune indication sur l’endroit où je pourrais se trouver l’atelier. Après avoir sillonné les rues sans succès, je me décide à repartir et tombe dessus quelques centaines de mètres après la sortie du village. Les gars sont un peu surbookés en ce moment, mais m’invitent à déjeuner avec eux le lendemain.

Retour à Questembert pour me connecter rapidement et mettre en ligne l’entretien avec Ségolène, qui m’a renvoyé par mail ses réponses à mes questions, et revoir un peu la mise en page du site. Je ne pensais pas que tout ça me prendrait tant de temps : j’ai par exemple passé plus ou moins huit heures à retranscrire et publier l’entretien avec Daniel ! J’imagine que c’est normal pour les premiers, ça devrait avancer un peu plus vite au fur et à mesure des entretiens.

Une fois cela terminé, je me dirige vers La Métairie Neuve, pas bien loin d’ici. L’adresse m’a été donnée par Hervé le forgeron et Pierre le malteur, sans plus d’indications que « lieu de vie, de passage alternatif ». Je me rends assez vite compte que c’est assez réaliste : les gens qui y vivent n’ont pas spécialement de projet à part accueillir des gens de passage plus ou moins long. Ils vivent en donnant des coups de main à droite à gauche, de récupération. Ils ont quelques moutons, poules et chèvres, un petit potager, ils retapent leur maison au jour le jour. Un des gars fait du cidre et à planté un verger dans ce but. Et sinon, chacun fait un peu ce qu’il veut. Squat rural, repaire de musiciens, peintres et artistes en tous genres, de voyageurs, etc. Fin de journée sympathique, entre musique et ballades, quelques discussions. Une douche de fortune en pleine nature, au seau, avec leur réserve d’eau de pluie. Dîner dans la cuisine commune et nuit dans ma voiture, plus tranquille que le dortoir. Sous les étoiles, entre les moutons et les chèvres.

Mardi matin, expérience somme toute assez banale mais qui m’a marquée : un vrai petit-déjeuner, au soleil, avec du vrai lait, presque sorti de la vache, que j’ai acheté la veille au marché, du bon pain de Daniel et du miel d’un apiculteur du secteur. Je raconte ça parce que c’est le premier depuis mon départ, et que ça m’a mis de bonne humeur pour la journée ! Les joies simples de la vie ! Toutes ces choses auxquelles on ne fait plus attention au quotidien mais qui prennent leur importance quand elles sont occasionnelles et avec de bons produits.

Encore quelques discussions et échanges d’adresses, puis retour à Larré pour déjeuner avec les gars d’Echo-paille. C’est une Scop (société coopérative et participative) en écoconstruction. Ils travaillent à onze associés et créent des maisons en bois, paille, ouate de cellulose et laine de bois, respectueuses de l’environnement… et aussi de l’humain, quand on voit la façon dont ils travaillent !

Je passe une partie de l’après-midi avec José qui m’explique le fonctionnement de la boite, l’esprit et les techniques de travail. Je file quelques petits coups de main, et observe en posant des questions. Leurs matériaux sont essentiellement écolos, les techniques essaient de s’en approcher au maximum tout en restant compatibles avec la réalité économique d’une entreprise. Ils ont pour cela fait le choix d’utiliser des techniques modernes, mais connaissent les techniques traditionnelles et n’hésitent pas à s’en servir pour eux. Ils comprennent très bien lorsque je leur dis que j’ai une préférence pour ces techniques, c’est pour eux une question de choix, un choix qui est plus difficile à assumer pour une entreprise mais qui est évidemment préférable pour des chantiers en auto-construction.

Chouette moment donc, et il est toujours très agréable de retrouver l’ambiance et l’odeur d’un atelier bois !

Je me dirige ensuite vers Plumelec pour proposer à Pierre le malteur et aux autres, chez qui j’ai dormi il y a quelques jours, de travailler un peu avec eux le lendemain, tentative soldée par un échec, car ils ne seront pas chez eux. Je réfléchis donc à mon programme de demain, et décide d’aller voir à Augan un lieu qu’on m’a conseillé, sans plus d’infos que son nom : le Champ Commun. C’est à plus de quarante kilomètres, il est tard et je suis un peu fatigué, notamment à cause de la bouteille de cidre du dîner qui manifestement était plus alcoolisée que les 5,5 degrés indiqués sur l’étiquette. Je m’installe tranquillement pour la nuit, dans ma voiture, au pied d’une jolie petite église.

Le lendemain matin, arrivée en milieu de matinée à Augan, où je trouve rapidement le Champ Commun. C’est une épicerie, un bar, une brasserie, une radio, un lieu de vie et de passage alternatif et communautaire. J’y passe la journée, entre visite de la brasserie à la cave et de la radio, discussions et coups de main, dont vidage de quatre cent litres de bière défectueuse dans une tonne à eau pour en faire de la gnole. Les gens qui y travaillent sont adorables et très accueillants, n’hésitant pas à me donner de leur temps même s’ils en manquent.

Après un entretien avec Yannick, un des fondateurs du lieu, je me rends à Questembert pour un marché bio, où je récupère quelques légumes pour mon diner, que je cuisine au lieu de vie de la Métairie Neuve. Même remarque que pour le petit-déjeuner, ça fait un bien fou d’avoir un vrai repas ! Puis direction Malestroit pour y dormir et faire le marché le lendemain matin.

J’ai évidemment eu la bonne idée de m’installer à l’endroit dudit marché, ce qui me vaut un réveil assez prématuré avec les trois quarts du marché déjà installé autour de ma voiture. Quelques heures plus tard, après avoir récupéré plusieurs kilos de fruits et légumes, je quitte le pays de Ploërmel pour me rendre chez mon oncle et ma tante à La Barre-de-Monts, tout au nord de la Vendée.

La suite au prochain épisode !

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