D’après un certain nombre d’analyses, tout tend à prouver qu’une intervention policière d’envergure pourrait avoir lieu à Notre-Dame-des-Landes dans les prochaines semaines, voire dans les prochains jours. Voici donc venir le moment où un certain nombre d’entre nous, « cathos de droite », allons devoir faire un choix, le choix d’un camp. Ces quelques lignes, étant donné l’urgence de la situation, s’adressent à ceux qui, tout en se prononçant contre le projet d’aéroport, hésitent à faire le choix de la résistance à cause d’éléments extérieurs à cette cause, le plus souvent par rapport aux différentes idéologies exprimées par une bonne partie des opposants actifs contre ce projet. Il s’adresse aussi à ceux qui ont d’autres combats et qui se démènent au quotidien pour les gagner : s’ils ne peuvent être partout, ils ont le devoir de ne pas limiter leur réflexion et leurs paroles à leurs seuls combats habituels, car tout est lié.

Certes, beaucoup de points nous opposent à ces gens-là. Sur les questions morales notamment – avortement, mariage entre personnes de même sexe, pour ne citer que ces deux points. De leur côté comme du nôtre, et malgré une convergence assumée parfois sur les questions économiques, un certain nombre de personnes semble ne pas pouvoir accepter une convergence des luttes, à cause de ces divergences.

Et pourtant… n’est-ce pas grâce à ceux qui depuis plusieurs années luttent quotidiennement sur la ZAD et ailleurs que ce projet destructeur ne voit pas le jour ? Pendant que nous, « cathos de droite », refaisons le monde confortablement assis dans nos salons ou en terrasse de nos bars parisiens, ou bien en fermant les yeux sur les combats que depuis des années nous avons abandonnés, certains font le deuil de leur confort pour empêcher ce projet d’avancer. Nous pouvons leur reprocher bien des choses, mais sans eux, sans leur engagement, sans leur lutte quotidienne, nous aurions déjà perdu ce combat, et bien d’autres. N’est-ce pas aussi grâce aux syndicats que nous vomissons que le travail du dimanche n’est pas encore passé ? Les exemples sont nombreux.

Alors maintenant, continuerons-nous à les laisser se battre pour gagner à notre place, ou bien perdre un jour à notre grand regret ? Continuerons-nous à leur cracher dessus à cause de leurs méthodes, quand les nôtres ont souvent prouvées leur inefficacité ? Continuerons-nous à critiquer leurs erreurs au lieu de soutenir leurs justes combats ? Amis, faites votre choix. Le mien est fait.

J’ai fait le choix de les soutenir là où ils ont raison, en espérant un jour les amener à se convertir là où ils ont tort. Car ce n’est pas en discutant dans nos canapés que nous les convertirons. Ni même en essayant de leur faire entendre raison par la parole sans nous battre à leur côté.

A un moment donné, les mots ne parlent plus. C’est alors la vie qui va parler, la vie qui sera le tissu des mots.

Benoît, de la Communauté de l’Arche de Lanza del Vasto du Gwenves

Non, c’est en devenant leurs compagnons d’armes d’abord que nous obtiendrons leur confiance. Et par l’exemple ensuite que nous les convertirons. Nous n’avons pas d’autres choix que ceux de l’exemplarité et de la solidarité. La victoire en dépend.

NB : Ce papier ne prétend pas être un article de fond sur le dossier « Notre-Dame-des-Landes », il est un appel à ceux dont l’avis sur le projet d’aéroport est déjà négatif mais qui peinent à se positionner sur le terrain. D’autres articles de fond, sur ce blog ou ailleurs, sont là pour les autres.

NB : Certains points seraient à développer, d’autres pourraient être jugés insultants pour certains lecteurs. Je m’excuse pour cela, cette réflexion peut être poursuivie en commentaires.

5 thoughts

  1. Oh ! Il est hyper bien mon canap’ ! Et si tu veux un divan pour causer, ou dormir ailleurs que dans ton break, je peux te le preter.

    Bonne route vieux

  2. « Pendant que nous, « cathos de droite », refaisons le monde confortablement assis dans nos salons ou en terrasse de nos bars parisiens, ou bien en fermant les yeux sur les combats que depuis des années nous avons abandonnés, certains font le deuil de leur confort pour empêcher ce projet d’avancer. »

    Un poil simpliste, non ? Des « cathos de droite » qui ont sacrifié beaucoup, j’en connais un paquet. Ils n’ont pas forcément sacrifié les mêmes choses, ni de la même façon, mais il est absurde de croire que tous les droiteux se contentent de discuter sans jamais agir.

    Fais gaffe à ne pas tomber dans l’excès… Il est toujours tentant de rejeter son milieu, en espérant que c’est mieux en face. On sait tous très bien que ça n’est pas vrai. Prendre ce qui est bon en face est mauvais si ça empêche de voir ce qui est bon chez nous.

    1. « Il s’adresse aussi à ceux qui ont d’autres combats et qui se démènent au quotidien pour les gagner : s’ils ne peuvent être partout, ils ont le devoir de ne pas limiter leur réflexion et leurs paroles à leurs seuls combats habituels, car tout est lié. »

      J’avais pensé à cette objection 🙂

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